Syrie : Bernard Deflesselles demande un vote au Parlement

Ce mercredi 4 septembre, le Parlement a été convoqué en session extraordinaire pour un débat sur la situation en Syrie. Pendant près de deux heures, les députés français ont pu exprimer leurs questions et leurs doutes sur une éventuelle intervention militaire en Syrie, auxquels le gouvernement a tenté de répondre.

En effet, comme le prévoit la Constitution à chaque fois qu’une intervention militaire doit être engagée, le premier ministre doit informer les parlementaires sur la légalité et les objectifs de l’opération.

Les principales réticences exprimées par les chefs de groupe parlementaire portent sur quatre points principalement :

Absence de base juridique internationale et d’aval de l’ONU
Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale considère que toute intervention militaire doit entrer dans le cadre des Nations unies. (…) Nous refusons une action isolée sans légitimité internationale.

Le manque de preuves sur l’attaque chimique du 21 août
Peut-on en effet envisager une intervention militaire que sur des convictions mais pas de preuves irréfutables.
Pour Christian Jacob, «l’utilisation de gaz est un tabou absolu, mais c’est à l’ONU et à elle seule de nous dire comment et par qui les gaz ont été utilisés.»

La préférence pour une solution politique
«Nous refusons une action strictement militaire sans but de guerre, au-delà d’un coup de semonce.»

Un débat parlementaire insuffisant et la nécessité d’un vote
Christian Jacob : «Débattre en 1h30 là où les Britanniques ont mis 10 heures pour voter, c’est un peu court! (…) En une semaine, vos ministres n’ont pas trouvé le temps de rencontrer les commissions de la défense et des affaires étrangères. (…) S’il n’y a pas de mandat de l’ONU, le président de la République ne peut prendre une telle décision sans que le Parlement ne se prononce.»
Aujourd’hui, à l’occasion du G20, à peine arrivé à Saint-Petersbourg où il est censé fédérer une coalition favorable à l’intervention en Syrie, François Hollande a été lâché par ses plus proches alliés de l’Union européenne.

«Il n’y a pas de solution militaire en Syrie», a insisté Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne. «La solution doit être politique», et s’inscrire dans le cadre de l’ONU, a martelé le représentant de l’UE à Saint-Pétersbourg, appuyé par José Manuel Barroso, le président de la Commission.

Les dirigeants européens n’ont pas de mots assez durs pour qualifier l’attaque chimique du 21 août en Syrie, un «crime contre l’humanité», selon Herman Van Rompuy, mais ils refusent de donner leur caution à une intervention militaire.

Dans un tel contexte international, François Hollande se retrouve aujourd’hui seul et dans une impasse.

Si la France devait se retrouver seule, cela signifierait que notre diplomatie a échoué en amont à convaincre ses partenaires et a été incapable de construire une coalition. Or, une action isolée de la France n’est pas envisageable.

Quel contraste avec la Libye et l’action de Nicolas Sarkozy. En effet, François Hollande n’a pas montré un grand esprit d’initiative vis-à-vis des partenaires européens alors qu’il aurait été souhaitable que la France porte un certain leadership durant les quinze derniers mois.

Le Président de la République doit exposer clairement aux Français les enjeux de cette crise et obtenir le vote du Parlement avant d’engager militairement notre pays en Syrie.