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![]() Paca : Vauzelle découvre les félicités d'une majorité absolue - Le Figaro le 26 avril 2004 -Reconduit le mois dernier à la présidence de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le socialiste Michel Vauzelle bénéficie désormais d'une majorité absolue : réélu avec 45,18% des voix, il dispose, avec les communistes et les Verts, de 73 élus sur 123. Lors de son premier mandat, il ne pouvait s'appuyer que sur une majorité relative, avec 47 sièges seulement. «Au cours des six dernières années, j'ai passé plus de la moitié de mon temps à négocier avec l'opposition, regrette l'élu. Pour les budgets rejetés systématiquement, j'avais le “49.3”, mais, pour les autres décisions, comme la création du conseil régional des jeunes ou la gratuité du train pour les RMistes et les chômeurs, il a fallu négocier : leur vote contre des aides pour tel ou tel équipement d'une commune d'élu de droite. Et, dans certains cas, la droite et l'extrême droite nous bloquaient.» «En outre, l'élection au suffrage universel d'une tête de liste clairement identifiée nous donne une autorité nouvelle, poursuit Michel Vauzelle. On l'a bien vu lors de notre entretien avec le premier ministre.» Dans ces conditions, l'opposition ne risque-t-elle pas d'être cantonnée à un rôle de figuration ? «L'opposition aura toute sa place, assure le président réélu. Elle a son droit d'intervention et de proposition. J'y veillerai personnellement.» «J'ai demandé plusieurs fois à Michel Vauzelle un rendez-vous qu'il n'a toujours pas fixé. Cela ne part pas sur de bonnes bases pour un dialogue constructif», relève toutefois Renaud Muselier, désormais à la tête du groupe UMP-UDF à la région. «Nous voterons les mesures allant dans le sens de l'intérêt des habitants de la région. Si ce n'est pas le cas, on essaiera de les amender ou on s'y opposera», poursuit le secrétaire d'Etat. «Nous serons vigilants sur l'équité. Nous espérons qu'il n'y aura pas la moitié des habitants lésés parce qu'ils ne sont pas du même bord politique que Michel Vauzelle», prévient Bernard Deflesselle, président du groupe UMP-UDF au cours du mandat précédent. Ce dernier déclare également qu'il sera attentif au strict respect de la loi : «J'ai entendu Michel Vauzelle s'engager à déclarer la région zone hors accord général sur le commerce et les services, ou hors OGM, ce qui me paraît très surprenant.» Michel Vauzelle l'a martelé tout au long de sa campagne : il entend défendre un modèle de société différent de celui du gouvernement en menant «une politique de solidarité et de maintien de services publics de proximité». Il précise : «Je soutiendrai les protestations des maires dont les Postes sont menacées de disparaître, comme j'ai refusé la décentralisation des Atos.» Sa priorité reste l'emploi, par des aides aux PME ne risquant pas de se délocaliser, par des créations d'emplois-jeunes pour répondre à des besoins sociaux, d'encadrement des jeunes, d'emploi culturel ou d'aides aux personnes âgées. Quant aux investissements, il attend une déclinaison du nouveau gel de crédits annoncé par Nicolas Sarkozy en espérant que les contrats de plan Etat-région ne seront pas touchés. «Il va y avoir un combat politique important entre l'Etat, qui ne respecte pas ses engagements, et la région, qui ne peut pas se substituer à lui pour le financement de ses investissements», prévient Michel Vauzelle, qui compte «essayer de faire en sorte que la population ne souffre pas trop de ce désengagement». Il compte proposer dans un mois, en assemblée plénière, son «plan solidarité» comportant des mesures d'aides aux chômeurs ou aux victimes de licenciement, tels que ceux de l'usine Lustucru-Riz d'Arles. «Il faut se rappeler que la région n'a qu'un budget de 1,2 milliard d'euros et que ses compétences sont les lycées, la formation, l'aménagement du territoire et le développement économique, tempère Bernard Deflesselle. Ils ont fait rêver les gens, le réveil risque d'être douloureux !» |
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