Rapport d’information de Bernard Deflesselles, Jérôme Lambert et Arnaud Leroy sur les négociations internationales relatives au climat

SYNTHÈSE DU RAPPORT

Le constat des scientifiques est clair et alarmant : les efforts actuels sont insuffisants pour limiter la hausse de la température mondiale au-delà de 2 °C, objectif que s’est fixé la communauté internationale pour éviter un emballement catastrophique des dérèglements climatiques.

Dans leur cinquième rapport, les experts du GIEC recommandent de limiter d’ici à la fin du siècle la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à 450 parties par million (ppm) – valeur associée par les scientifiques à un réchauffement de 2° C – ce qui suppose de réduire les émissions mondiales entre 40 % et 70 % d’ici à 2050 et de les ramener à un niveau « proche de zéro » d’ici à la fin du siècle.

La précédente Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’est tenue à Varsovie fin 2013 (COP19) était une « conférence d’étape  », selon les termes mêmes des participants. Afin de garder le cap sur l’accord universel sur le climat de 2015, deux séries de décisions y ont été prises : 

– rassembler les nations dans le cadre d’une initiative mondiale visant à réduire les émissions assez rapidement pour permettre à l’humanité de s’écarter à long terme du seuil de danger du changement climatique, tout en renforçant les capacités d’adaptation ;

– faire en sorte d’accélérer et d’amplifier le plan d’action actuel.

La Conférence de Varsovie est parvenue à baliser le chemin vers la Conférence de Paris sur le climat qui aura lieu en 2015 et où un nouvel accord climatique mondial devrait être conclu. Cependant, elle a aussi montré que la route sera longue et difficile. Des questions fondamentales restent sans réponse, et appellent à un niveau élevé d’engagement politique.

Les négociations sur le changement climatique de la 20ème Conférence des Parties ou COP, se dérouleront à Lima entre le 1er et le 12 décembre 2014. Il s’agira donc de la dernière Conférence dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) avant le nouvel accord mondial attendu pour 2015.

Cet accord devrait notamment traiter d’atténuation, d’adaptation, de financements, de développement et de transfert de technologies, de renforcement de capacités et de la transparence des actions et des soutiens.

L’une des questions cruciale réside dans le financement du Fonds vert pour le climat. Ce Fonds est destiné à aider les pays les plus exposés au réchauffement climatique en soutenant des projets « verts » concrets contribuant, par exemple, à diminuer les émissions de gaz à effet de serre, à faire reculer la déforestation où encore à se protéger contre la montée des eaux. Malgré un démarrage difficile, suite à la réunion de Berlin des 19 et 20 novembre 2014, les promesses de financement à destination du Fonds vert pour le climat émanant des pays avoisinent 9,6 milliards de dollars, sur les 10 milliards espérés avant fin 2014.

La tentation est en effet récurrente de réduire les financements destinés à la lutte contre le changement climatique en raison de la crise économique. Protection du climat et croissance économique peuvent pourtant aller de pair, comme le montre la publication du dernier rapport de la commission mondiale pour l’économie et le climat, intitulé « une meilleure croissance, un meilleur climat ». Ce rapport démontre qu’il est possible de réduire les émissions de carbone, tout en améliorant les performances économiques, et ce dès à présent.

L’Union européenne est quant à elle mobilisée pour préparer 2015, où tous les pays devront en effet s’engager sur des objectifs de réduction de leurs émissions, différenciés selon les capacités nationales, et compatibles avec l’objectif global d’augmentation maximale de la température terrestre de 2 degrés en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle.

La capacité d’entraînement de l’Union européenne sera de ce point de vue essentielle. Pour obtenir des engagements volontaires des différents pays, les négociations entre l’Union européenne et les deux principaux émetteurs que sont la Chine et les États-Unis seront cruciales.

Le fait que les États-Unis et la Chine, traditionnellement considérés comme les leaders de deux camps opposés dans les négociations sur le climat, avancent désormais ensemble, devrait l’y aider.

La COP20 de Lima constitue ainsi un tremplin pour assurer la conclusion à Paris, en décembre 2015 (COP 21), d’un accord mondial ambitieux pour le climat, avec tout le monde à bord, qui permette de maintenir de réchauffement climatique en dessous de 2 degrés Celsius.

Pour lire l’intégralité du rapport : Rapport d’Information sur les négociations internationales relatives au changement climatique (13 novembre 2013)