Rapport d’Information sur les négociations internationales relatives au changement climatique

SYNTHÈSE DU RAPPORT

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) vient de dresser un tableau alarmant de l’évolution climatique de la planète, plus sombre que ne l’était son constat précédent, en 2007.

Ce dernier rapport du GIEC souligne la nécessité et l’urgence d’une mobilisation accrue de tous les pays en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique.

S’il met clairement en évidence la responsabilité de l’homme – les experts sont désormais sûrs à 95 % que les activités humaines sont majoritairement à l’origine du réchauffement du globe – il montre qu’il n’est pas trop tard pour agir et qu’une inversion de la trajectoire des émissions globales de CO2 est encore possible.

Par ailleurs, les États ne pourront être conduits à rehausser leurs objectifs en matière de lutte contre le réchauffement climatique que si leur opinion publique est convaincue de l’origine humaine (ou anthropique) du phénomène et de la nécessité d’agir rapidement.

Or, les enquêtes réalisées témoignent d’une diminution du sentiment d’urgence des populations vis-à-vis des risques climatiques ainsi que du développement du « climatoscepticisme », consécutifs à l’échec des négociations onusiennes qui s’est particulièrement manifesté lors de la Conférence de Copenhague, en 2009, et à la médiatisation de controverses scientifiques.

Le défi consiste donc aussi à convaincre les opinions publiques des pays « clés » des négociations pour que leurs gouvernements respectifs s’investissent plus efficacement dans la lutte contre le changement climatique.

L’Union européenne doit rester à la pointe du combat contre le réchauffement climatique. Celle-ci s’était engagée, d’ici 2020, à réduire ses émissions de CO2 de 20 % par rapport à 1990, à porter la part des énergies renouvelables à 20 % de sa consommation et à réaliser 20 % d’économies d’énergie.

Globalement, la feuille de route est respectée et l’Europe est le seul continent à afficher une baisse de ses émissions.

Après la Conférence de Doha en 2012, la négociation sur le climat semble cependant affaiblie, dans la mesure où cette Conférence a confirmé le manque de volonté politique d’agir avec détermination pour lutter contre le réchauffement climatique. Notamment, l’accord de Doha a fait preuve d’une grande faiblesse sur l’aide financière promise aux pays du Sud pour faire face au réchauffement.

Les objectifs mis sur la table par les uns et les autres sont, à l’heure actuelle, insuffisants pour espérer limiter la hausse de la température moyenne mondiale en-deçà de 2 °C, et ainsi éloigner l’éventualité de dérèglements aux conséquences graves.

L’enjeu des négociations en cours consiste donc à trouver, le plus vite possible, un compromis permettant d’engager les principaux émetteurs de gaz à effet de serre dans un accord, où ils s’engageraient d’eux-mêmes à réaliser d’importants efforts de réduction de leurs émissions.

En vertu de la feuille de route fixée à Durban, deux objectifs s’imposent d’ici à 2015 :

– préparer la signature d’un nouvel accord international sur le climat applicable à tous, juridiquement contraignant et surtout « ambitieux », c’est-à-dire à la mesure du défi climatique ;

– combler l’écart entre les promesses de réduction d’émissions de GES des États et les efforts à réaliser pour empêcher une élévation de la température moyenne mondiale de plus de 2 °C.

Les deux ans et demi d’ici la COP21 (qui devrait se tenir à Paris) devront donc être utilisés à bon escient pour parvenir au résultat recherché, et l’efficacité du processus de négociation onusien sera clé à cet égard.

La dix-neuvième Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies pour les changements climatiques (COP19) qui se tiendra dans les prochains jours à Varsovie, doit donc être une étape qui permette de garantir la conclusion d’un accord climatique mondial juridiquement contraignant en 2015.

Si le contenu et la forme de l’accord en 2015 restent à définir, en tout état de cause, il devra :

– garantir la participation de tous les États, et avoir la même force juridique pour tous, en s’assurant que chacun soit responsable de l’atteinte de ses objectifs ;

– être équitable, sur la base d’engagements transparents qui reflètent les responsabilités et les capacités et niveaux de développement de chacun ;

– s’inscrire dans une logique de développement durable, faciliter la transition pour tous vers un monde sobre en carbone, et résilient face aux impacts des changements climatiques ;

– prendre en compte aussi bien les besoins d’atténuation que d’adaptation ;

– être durable et capable d’évoluer pour tenir compte d’un monde qui change.

Pour lire l’intégralité du rapport : Rapport d’Information sur les négociations internationales relatives au changement climatique (13 novembre 2013)