NON au mariage pour tous : Lettre de l’Entente parlementaire à François Hollande

Monsieur le Président de la République,

Le projet de loi visant à ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe doit être présenté prochainement au Conseil des ministres par votre Gouvernement.

S’il était adopté, ce projet modifierait en profondeur l’institution du mariage, les droits des enfants et l’organisation de la famille, entraînant des conséquences en termes de filiation, parenté, éducation et adoption. Il concerne donc non seulement l’ensemble des couples mariés mais toute la société, et avant tout le plus fragile d’entre nous : l’enfant.

C’est pourquoi ce texte, même si on ne peut contester le fait qu’il figurait dans votre programme de campagne, ne peut être examiné dans la précipitation. Il est dans notre tradition républicaine de ne pas agir en des domaines si importants sans une vaste consultation démocratique au cours de laquelle les citoyens puissent s’exprimer, et être pleinement éclairés, comme ce fut le cas dernièrement avec la bioéthique ou l’euthanasie. Par ailleurs, vous êtes le garant de la cohésion sociale entre tous les citoyens français, or il nous semble que dans la crise économique particulièrement sévère que nous vivons actuellement, alors que les forces vives de tout le pays doivent être mobilisées et que les Français ont besoin d’être rassemblés, ce projet risque de provoquer diversion et division. C’est la raison pour laquelle, Monsieur le Président, dans une démarche respectueuse des personnes et dans le souci du bien commun, nous vous demandons de surseoir à l’examen du projet de loi. Nous vous demandons également d’engager un débat véritable avec consultation de tous les acteurs concernés ( associations familiales, mouvements de protection de l’enfance, psychologues et pédopsychiatres, éducateurs et enseignants, juristes, philosophes et sociologues, élus et représentants des cultes), afin de faire émerger la meilleure réponse dans l’intérêt de tous et, en particulier, de celui de l’enfant.

Nous vous prions de bien vouloir nous accorder un entretien pour vous exposer plus précisément notre position.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.

L’Entente Parlementaire pour la Famille – Paris, le 15 octobre 2012