La loi de programmation militaire : le risque de déclassement de la France

Les socialistes et tout particulièrement le premier d’entre eux François HOLLANDE sont d’incorrigibles bonimenteurs. Lorsqu’ils évoquent l’indépendance nationale et en premier lieu la Défense de la France, ils assènent aux Français, tout comme aux militaires qui les protègent, que l’indépendance nationale c’est d’abord le « rééquilibrage des comptes publics ».

Dans les faits, il n’en est rien.

Les déficits cumulés de l’Etat progresseront encore et toujours en 2014 et durant les années qui viennent. Les Français paieront encore plus d’impôts dès l’année prochaine et à n’en pas douter bien plus encore dès 2015 avec la réforme fiscale qui nous est déjà annoncée.

Par contre, si l’Etat socialiste reste en tout point dispendieux, il ne se prive pas d’ériger la « mission Défense » au premier rang des variables d’ajustements.

La tromperie qui anime cette politique nous a été servie en deux temps. Elle repose sur la publication d’un nouveau livre blanc et sur la présentation de la loi de programmation militaire de 2014/2019.

Elle repose sur l’idée faussement rassurante que les crédits alloués aux armées demeureront constants….et c’est bien là que se trouve la « malice ».

En effet, le résultat de ce subtil équilibre par lequel on rassure tout en matraquant est bien sans appel.

A l’issue de la programmation militaire, les armées auront globalement perdu, à l’exception notable de la Marine, 20% de leurs potentiels opérationnels d’aujourd’hui.

Parmi les coupes sombres de cette programmation à la « hache » se trouvent les suppressions de :

• 34 000 postes militaires et civils (sur 288 000)
• 105 avions de combat (sur 320 de l’armée de l’air et de la marine confondus)
• 11 avions de transports (sur 54)
• 54 chars Leclerc (sur 254)
• un millier de véhicules blindés pour infanterie (sur 3200)
• 87 pièces d’artillerie (sur 157)
• 40 hélicoptères d’attaque et de reconnaissance (sur 186)
• 16 hélicoptères de transport (sur 153 des armées de terre et de l’air)

Avec cette purge, nos armées demeureront-elles encore crédibles pour répondre aux « contrats opérationnels » qui leur seront confiés ?

Désormais se pose avec acuité la question de leur format indissociable de la crédibilité que peuvent nous accorder nos alliés tout comme cela a été le cas en Afghanistan, en Lybie, au Mali… mais aussi lors de la valse hésitation syrienne.

Nous devons notre succès au Mali en très grande partie au niveau d’excellence de nos soldats. Nous le devons aussi à la mise à disposition de moyens de transports (essentiellement aériens) que l’OTAN nous a fournis, aux systèmes de surveillance des zones et de contrôle des opérations ainsi qu’aux avions ravitailleurs fournis plus directement par les Etats-Unis.

Ces lacunes opérationnelles, la programmation militaire 2014/2019 non seulement n’y répond pas, mais elle les aggrave en atrophiant en outre la force de frappe tant terrestre qu’aérienne de nos armées.
Si la loi de programmation militaire fixe pour six ans l’effort que consent la Nation pour ses armées et sa défense, elle doit aussi assurer l’indépendance et le rayonnement international de notre pays.

Force est de constater aujourd’hui que l’objectif n’est pas rempli.