Le 8 novembre 2006, Bernard Deflesselles est intervenu dans l'hémicycle pour défendre le budget de la Défense 2007:
Monsieur le Président,
Madame le Ministre,
Mes Chers Collègues,
Ce budget qui clôture notre législature exprime pour la cinquième année consécutive, la volonté du Président de la République, du Gouvernement et de la représentation nationale, de restaurer notre Défense.
Ce budget, Madame le Ministre, est celui de la fidélité et des ambitions.
Fidélité aux engagements de notre majorité.
Ambition pour la France d’honorer les engagements que lui dicte son Histoire.
Ambition de tenir notre rang dans le concert des Nations qui défendent la paix, en Europe et dans le monde.
Cette mission, Madame le Ministre, vous vous en êtes acquittée avec succès. Il est juste et mérité que la représentation nationale vous en rende aujourd’hui hommage.
Cette réussite est une triple réussite. Elle est doctrinale, capacitaire et budgétaire.
Doctrinale parce que l’effort de la Nation a été adapté à des menaces de plus en plus poly formes, asymétriques et diffuses.
La pérennisation de notre dissuasion – qui je le rappelle reste la pierre angulaire de notre sécurité – est aujourd’hui acquise, grâce à une flexibilité accrue de notre outil nucléaire.
Notre politique industrielle de défense tout comme les concepts opérationnels de nos armées sont désormais fondés sur une culture de partage et de multiplication de forces entre européens aussi bien au titre de l’Union que dans le cadre de l’Alliance Atlantique.
Cette culture est la seule qui nous permet de disposer d’un outil sécuritaire crédible pour le 21ème siècle.
Au cours de cette législature nous avons multiplié les initiatives, au premier rang desquelles la création de l’Agence Européenne de Défense qui sans un engagement énergique et déterminé de la France, n’aurait pu être imaginée et installée.
Par ailleurs, nous avons structuré notre politique concernant le domaine de l’intelligence économique et plus particulièrement, celui de la protection de nos entreprises stratégiques pouvant faire l’objet, comme nous l’avons observé ailleurs en Europe, de prises de participations hostiles.
Nos efforts trouvent également leurs premières traductions dans les rattrapages capacitaires que nous avons entrepris.
Espace, capacités de projection, capacité de commandement et maîtrise de l’information sur les plans stratégiques et opératifs, rationalisation du maintien en conditions opérationnelles, activité des forces…..
Certes, plusieurs grands programmes nécessaires aux armées n’ont pu être avancés comme nous le souhaitions, notamment en matière d’aéromobilité et de rythme d’acquisition d’équipements majeurs.
Cependant, force est de constater que la cohérence de notre système de défense a été préservée, réussissant le passage d’une armée d’attente à une force d’emplois.
Les chantiers ont été tout autant multiples, simultanés que prioritaires.
Ils ont été entrepris trop souvent pour combler le passif d’une programmation socialiste – de 97 à 2002 – qui en cinq ans a amputé notre Défense de 20% de ses ressources - 13 milliards d’euro - pourtant promis par la gauche.
Ceux qui aujourd’hui dénoncent les retards de certains programmes, sont les mêmes qui étaient les thuriféraires d’un budget de la Défense, ravalé au rang de « variable d’ajustement » de celui de l’Etat.
Ce sont les mêmes qui, pour justifier leur renoncement, ont usé et abusé du concept : « touchons les dividendes de la paix »
Les biens pâles observations que nous adresse l’opposition portent sur des expériences dont elle n’a pas tiré les enseignements lorsqu’elle était en charge de notre défense.
Un exemple, un seul – celui de l’aéromobilité qu’elle soit tactique avec le NH90 ou stratégique avec l’A 400M.
La première guerre du golfe, tout comme les opérations du Kosovo ont souligné nos limites….Limites induites par le gel et le report de ces programmes.
A cette insuffisance, nous opposons une réalité concrète qui a donné à la communauté de défense de notre pays les ressources attendues.
• Programmation respectée,
• prise en charge des opérations extérieures
par des financements Had Hoc qui
n’hypothèquent pas les crédits destinés
aux équipements,
• reports budgétaires effectivement consommés et adaptés à la maturité des programmes…. Cette méthode comptable nous permet d’utiliser des crédits que la complexité des programmes ne permet pas de concevoir dans le cadre strict d’un budget annualisé.
Ainsi les sous marins baracuda et le
second porte avions ont pu être lancés dès
cette année.
Pour conclure, je souhaiterais exprimer ma fierté sur l’effort consenti en faveur du monde combattant au cours de cette législature.
La décristallisation fondée sur le pouvoir d’achat – en fonction du pays d’origine – de nos grands anciens a été réalisée dès 2003.
Elle sera poursuivie cette année par une nouvelle étape respectant la parité en Euro quelque soit le pays. Les 110 millions que nécessite cette mesure ne seront pas à la seule charge du Ministère de la Défense, concrétisant ainsi un effort de solidarité nationale.
Cette ultime reconnaissance de ceux qui ont servi avec honneur et dignité les armes de la France est aussi l’accomplissement du nécessaire devoir de mémoire de la Nation.
Elle fait notre fierté dans cet hémicycle et devant l’Histoire.
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